La rumeur... ou je comprends les sorcières de Salem

Publié le par Luciole

 

http://www.youtube.com/watch?v=znZ67XxYwts

 

http://www.youtube.com/watch?v=7rCEDNQF5OY

 

 

Pour aller avec mon dernier post, sur la vérité, en voici un sur la rumeur. Parce que je trouve que les deux sont liés.

La peur du qu'en dira-t-on freine les gens, les pousse à cacher des choses, à modifier la vérité... Pourquoi a-t-on si peur ? Pourquoi a-t-on tellement besoin d'être accepté, et surtout pourquoi doit-on rejeter un certain groupe de personnes afin d'assurer la cohésion du groupe dominant ?

Je suis confrontée à ça tous les jours. Dans ma classe, dans mon école... J'ai été victime de rumeurs, j'ai été propagatrice de rumeurs existantes, mais je crois pouvoir dire avec certitude que je n'en ai jamais été l'instigatrice.

 

En tout début d'année scolaire, un petit garçon de ma classe était souvent accusé par la classe d'à côté de taper. Au bout de quelques jours, mon collègue et moi avons décidé de vérifier par nous-mêmes. Nous l'avons surveillé comme le lait sur le feu, dans la cour. Et là... Rien. Il n'avait rien fait du tout, mais les accusations arrivaient quand même. Après confrontation avec les accusateurs, il est apparu que tout était parti d'un élève qui avait du mal à s'adapter à sa nouvelle école et avait inventé de toutes pièces une attaque par l'accusé, dans l'espoir que sa mère le garde à la maison au lieu de l'envoyer à l'école. Les autres avaient suivi, allez savoir pourquoi. Et voilà comment un petit garçon de 7 ans s'est retrouvé au centre d'un lynchage organisé...

 

De même, j'ai inexplicablement acquis une réputation de fille légère durant mes études. Pourquoi ? Hé bien, j'ai cherché. J'ai trouvé 3 explications possibles :

  1. J'aime parfois mettre des robes et ainsi exhiber mes gambettes.

  2. J'ai de la poitrine, et je n'ai pas peur de mettre un décolleté.

  3. Je regarde les hommes dans les yeux quand je leur parle.

 

A mon avis, la 3 est la plus dérangeante, puisque j'ai remarqué que mes condisciples féminines évoluaient sur le mode du léger flirt avec les rares hommes de ma promotion. Pas moi. Je dis bonjour, je souris (mais je souris à tout le monde) et si j'ai besoin de quelque chose, je le dis sans détour.

Exemple : « Salut ! Ça va ? Dis, j'ai vu qu'on avait le même lieu de stage la semaine prochaine. On pourrait peut-être faire les trajets ensemble ? »

C'est marrant, parce que quand je dis ça à une femme, elle ne se dit jamais : « Oh mon dieu, elle veut me violer sauvagement dans la voiture lundi matin ! » Ou alors, elle cache bien ses émotions. ;-)

Par contre, si je dis ça à un homme, les femmes alentour me fusillent du regard.

 

Autre exemple : Je suis notoirement maladroite, et je bouscule par inadvertance un homme dans un bar bondé.

Moi : « Oh pardon ! » avec un sourire désolé (vu le bruit, je ne suis pas sûre qu'il ait entendu mon « pardon »). L'homme répond à mon sourire, je me retourne, fin de l'histoire.

Aucun battement de cils, aucun regard par en-dessous, je n'ai pas pouffé ni rosi, et je n'ai pas rejeté mes cheveux en arrière d'un air détaché. Pourtant, une copine me regarde, les yeux exorbités, et m'assène : « Hé ben ! Ça va, la drague ! »

Heu...

 

Et celle-là, assenée par un homme de mon entourage. « Si tu souris à un homme, il va automatiquement penser qu'il te plaît. » Ben, c'est un peu le problème de l'homme, non, s'il pense comme ça ? En plus, ça m'étonnerait qu'absolument TOUS les hommes fonctionnent sur le même modèle. Ou alors, Dieu existe, et il se marre bien...

« Du coup, si tu lui souris, c'est ta faute. » Heu... Attends, là... Et si je porte une jupe pour rentrer chez moi tard le soir, c'est ma faute si je me fais violer ? C'est un peu le même argument, non ?

 

Je n'ai pas dit que j'étais asexuée. Je suis une femme, et ça se voit. Je suis sensible aux charmes de mes congénères masculins (enfin, certains, quoi. ^^) Mais bon, la dernière fois que j'ai vérifié, je n'étais pas le clone d'Angelina Jolie (qui a probablement une réputation non méritée elle aussi, la pauvre), et oui je peux parler à des gens de sexe masculin sans avoir envie d'arracher tous mes vêtements, là, tout de suite, oh oui prends-moi sur le bar !

Il paraît que le fait que je puisse dire ce genre de choses sans rougir, et même dans un lieu public, montre que je ne suis qu'une petite dévergondée. En 2010.

 

Dans un autre registre, mon habillement a été disséqué et analysé. Pendant mes études... et par certaines mères de famille devant la porte de l'école.

 

« Tu ne devrais pas porter ce genre de tee-shirts » (à inscription rigolote, du genre « Habilement déguisée en adulte », ou avec Madame Bonheur dessiné dessus).

Pourquoi ? « Les gens parlent, tu sais. Ils trouvent que ce n'est pas professionnel. » Ah ? Tu veux dire que si je mets un tailleur strict, mais pas sexy (rappelons-nous les rumeurs sur ma vie sexuelle débridée !) mes capacités intellectuelles vont augmenter ? Mais c'est magique ! Vite, il faut porter la bonne nouvelle au monde ! (sarcasme, quand tu nous tiens...)

 

Alors voilà, quoi. Vous en pensez quoi ? Et, pour mon lectorat masculin... La pression sociale est-elle aussi forte pour vous ? Et pensez-vous que si une fille vous sourit, elle en veut à votre vertu ?

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Hugo 26/07/2010 18:21


nan, mais sérieux, c'est quoi votre pays?


Rustre_de_l'ovalie 26/07/2010 03:01


Tu devrais le savoir... Une femme n'a pas de droit, elle n'a que des devoirs.

Elle doit:

- faire le ménage/rangeage/vaisselage/repassage/,
- faire les courses,
- pondre un ou des mômes,
- ne pas parler à un homme sans que son conjoint/mari/père lui ait donné l'autorisation,
- si possible ramener de l'argent à la maison mais dans un boulot où il n'y a que des femmes,
- satisfaire son homme sexuellement sur commande,
- ne pas être laide, ni sexy, ni belle, ni dans la rue, ni ailleurs qu'à la maison.


Luciole 02/08/2010 16:34



Hé ! Revoilà Hugo !


Le pays de l'ovalie jouxte le mien, si ça peut aider. Ceci dit, ce cher Rustre résume bien l'idée principale (à peine exagérée). Il paraît que c'est différent dans le Grand Nord, là où il fait
froid et où les Parisiens te poussent et les personnes âgées sont suicidaires. Mais je crois que ce n'est qu'un mythe, personnellement.



Hugo 15/05/2010 09:08


Mon dieu! Un blog à caractère licencieux...


Luciole 15/05/2010 10:17



Tu crois que je devrais écrire mettre un avertissement : "Interdit aux moins de 12 ans" ?