Le voyage scolaire

Publié le par Luciole

Jeudi, nous avions notre voyage de fin d'année. Au zoo. Alors, je ne sais pas vous, mais moi, chaque fois que je dois partir dans un zoo ou une réserve ou quoi que ce soit de ce genre... Je pense à Jurassic Park.

Inévitablement. Et du coup, je suis over-prepared. Là, en plus de ma propre trousse à pharmacie (qui incluait un bracelet anti-moustiques, je précise, au cas où on resterait bloqués dans le parc toute la nuit, au milieu des lions et autres moustiques sauvages. Si, si, j'ai imaginé la scène, je vous le jure), j'avais pris le couteau suisse que m'a offert mon papa (en cas d'apocalypse). Je ne sais même pas l'ouvrir sans assistance (c'est dur ces machins !) mais ça ne fait rien. J'avais aussi un stock de sucre anti malaises, un thermomètre, du spchiiit désinfectant, mon poids en sparadraps, et bien sûr ma protection solaire indice 50 (qui sent délicieusement bon, j'avais l'impression d'être un petit gâteau sucré gambadant entre les arbres.)

 

40 gamins. 6 adultes + le chauffeur, de temps en temps. On pouvait le faire... 1h50 de trajet en bus (bouchons compris), ponctués de « On arrive dans combien de temps ? » « J'ai mal au ventre ! » « J'ai mal à la tête ! » « Moi aussi ! » « Moi aussi ! » « Y'a Truc qui donne des coups de pied dans mon siège ! » « Y'a Machin qui m'a pris ma casquette ! » « J'ai soif ! » « J'ai faim ! », de rires et de chansons.

 

D'abord la visite en bus, dans la réserve. Il est interdit d'arrêter le véhicule, de rouler à plus de 5 km/h, de faire marche arrière. Portes et fenêtres doivent rester closes à tout moment. Bon, bon, bon... Nous avons commencé par les herbivores, donc je gérais bien. Surtout que CollègueRebelle (nous voyagions de concert) avait dégoté un micro et nous faisait le commentaire. Moi, je lui criais le nom des animaux quand il ne trouvait pas. Au bout de 3 ou 4 fois, étonné, il osa demander :

« Mais comment tu sais tout ça, toi ?

– Il y a les photos sur le dépliant.

– Mais non !

– Si. L'autre dépliant...

– Ah oui ! Mais j'ai oublié mes lunettes, alors... »

Ah, vaniteuse rebelle attitude. Moi j'avais mis mes lentilles ! Bref. Nous avons vu un lion et une lionne somnolant au soleil, de loin. Ça allait.

 

Ensuite, nous avons dû cavaler pour arriver à l'heure au spectacle des otaries. Ça allait toujours. Bien sûr, un bébé est tombé fou amoureux de moi et a décidé de me lancer sa sucette-doudou dessus, de me faire « poc ! » dans le bras et de me faire la causette pendant la moitié du spectacle : « Bibibibibibi ! Baaaaah ! Hihihi ! Bouuuubouuuuh ! » C'était peut-être l'odeur de ma crème solaire, à bien y réfléchir ? Bref, c'était déjà l'heure de pique-niquer. Nous avons trouvé un coin d'herbe (odorant, le coin, juste à côté de l'enclos des singes...) et à table ! Ensuite, expédition toilettes (« Si, tu y vas, même si tu n'as pas envie ! Parce que ! ») et crémage des enfants :

« Moi je mets pas de crème ! 

– Tu es blond. Tu mets de la crème.

– Mais maman elle a dit que...

– N'essaie même pas de me faire croire que ta mère t'a interdit de mettre de la crème solaire... » (Ah, ces garçons, je vous jure...  )


« Hé maîtresse ! Sur ce panneau y'a marqué que les hommes c'est des singes ! »

Regards outrés. 

« Ah oui, tu as bien lu. On appartient à la même famille. »

« C'est l'heure de goûter ? » (Nous sortons de table... Donc, je vais dire que non.) « J'ai soif ! » « Moi j'ai un peu faim ! Et j'ai pas de goûter ! » (Non mais c'est 13h30, arrêtez à la fin !) « Maîtreeeeeesse ! Là-bas y'a des serpents ! » « J'ai perdu ma casqueeeeeeeette ! Même qu'on l'a acheté hier et elle coûte cheeeeeer ! » (La vie est ainsi, mon enfant.) « Et les tigres, ils sont où ? » « Y'a des éléphants ? » (127 fois : toujours non.) « C'est quand l'heure de la récréation ? »

 

Finalement, nous avons pu assister au spectacle des oiseaux, puis goûter avant de repartir. J'ai forcé ma troupe à aller aux toilettes « Mais j'ai pas enviiiie ! » (Mais y'a presque 2 heures de trajet alors tu y vaaaaaas !) et nous avons rejoint le bus. Bien sûr, je menais le groupe, forte de mon sens inné des directions (on se faisait des signes subtils avec une maman d'élève experte en lecture de cartes, je crois que personne n'a rien remarqué... ) Le bus était en vue... Le chauffeur était dedans, oui, oui, je le voyais en train de se redresser... torse nu et muscles bandés. Heu... On ralentiiiit... Rebonjour monsieur en train de reboutonner sa chemise à la hâte. Mmmh... Rentrons dans le bus comme si de rien n'était. Petite conversation pendant que les enfants se battent pour les sièges... (Oui, oui, ça leur a plu. Oh non ils ne sont pas fatigués. Par contre, moi...)

1h40 de trajet avec seulement un arrêt-pipi d'urgence (« J'avais dit d'y aller ! ») et aucun vomi.

J'ai bien essayé de dormir un peu, discrètement, mais entre « Y'a Maîtresse qui dort ! Regardez ! Maîtresse elle dort ! » et autres « Lucy ? Ah... Je crois que Lucy dort... » ce fut impossible.

 

J'ai bien entendu enchaîné avec brio sur un conseil d'école et je n'étais pas-du-tout fatiguée le lendemain matin. La preuve. Je n'ai pas-du-tout rejoué ma propre version de ça dans le couloir, afin de les faire taire. Et il serait tout aussi faux d'affirmer que les 28 élèves de CollègueBlonde au bout du couloir ont éclaté de rire. Et non, CollègueBlonde n'a absolument pas répondu par ses propres vocalises. On vous aura encore raconté des histoires.

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raphael 23/07/2010 00:51


c'est vraiment un plaisir de lire tes aventures ma luciole ;)


Luciole 23/07/2010 17:19



Merci, mon archange. Attends seulement que je revienne du pays du kilt.