Lucy et Unbelievable contre les forces de l'ordre

Publié le par Luciole

Le dernier jour d'école, Unbelievable est venue me chercher à la sortie. J'avais moult cadeaux à transporter (merci les parents et les petits !) et je n'ai pas encore de véhicule (faire un link vers « la nomination »), rappelons-le. Unbelievable s'est garée devant l'école (sur une place autorisée, je précise) et nous voilà parties dans ma classe pour chercher mes affaires. Je lui montre mes cadeaux, et là une élève surgit : « Il faut déplacer la voiture rouge ! Elle gêne et y'a la police qui veut mettre un PV ! »

 

Unbelievable se précipite, et je la suis, mes classeurs à la main. Lorsque j'arrive sur le lieu du crime, je trouve Unbelievable en train de s'engouffrer dans son véhicule et un policier d'un certain âge en train de hurler : « Désolée, désolée, mais on s'en fout ! Vous voyez pas que vous emmerdez tout le monde, non ? » Mon sang ne fait qu'un tour. Je m'approche, l'air calme et posé. Sourire aux lèvres, j'interpelle le policier hurlant : « Bonjour ! Vous n'étiez pas en train de l'insulter, quand même ? » Je sais qu'il n'était pas précisément en train de l'insulter, mais enfin, utiliser un tel langage devant une école (et donc devant des enfants, ahem !)... De plus, j'avais raté le début (c'est à dire Unbelievable en train de présenter ses excuses. En fait, une personne s'est garée en face, après son arrivée, et donc effectivement, ça gênait. Mais quand à savoir si c'est elle ou l'autre... Je dis qu'il y a débat ! Et puis surtout qu'il y a d'autres façons de parler aux gens.)

« Non mais évidemment que non ! Pour qui vous me prenez ! » éructe le représentant des forces de l'ordre. Mon sourire se durcit légèrement, mais mon ton est badin : « Justement, je me demande... »

L'homme est fou de rage. Pendant que la voiture est déplacée, il me hurle dessus : « Vous croyez que vous pouvez faire n'importe quoi ?! Vous vous croyez tout permis ! Je n'ai pas peur, moi, madame ! Je suis marié à une enseignante, alors c'est dire si je connais le milieu ! »

Ah, nous y voilà... Délit de métier. Je me sens obligée de l'informer : « Mais moi non plus je n'ai pas peur. » Je précise : je suis de petite taille, ma sœur me surnomme « bras-de-poulet » en raison de ma force musculaire, et je portais une jupe rose et un tee-shirt « Madame Bonhomme ». S'il avait eu peur, je me serais inquiétée pour son avenir dans la police...

 

Le vieux policier s'en va (la voie est libre, après tout, et la vilaine maîtresse refuse de pleurer de peur)... mais un deuxième sort de la voiture comme un diable d'une boîte ! Il se jette sur moi (il est vraiment près...) et hurle, hors de lui : « Vous vous croyez tout permis ! Et le respect, vous y pensez ?! » Nullement décontenancée, je rétorque d'un ton qui en dit long : « Justement, j'y pense au respect... » Il repart aussi vite qu'il a surgi. La voiture s'éloigne... La tension retombe : Unbelievable est choquée et les quelques mamans d'élèves (muettes jusque-là) disent leur indignation. Ça fait deux fois en un mois que j'ai affaire à la police. Et deux fois que ça se passe mal...

 

Des représentants de la république, eux ? Hé bien... Si on prend en compte le fait que notre république ressemble de plus en plus à une monarchie... Alors oui. Peut-être que c'est ça. En tout cas, je trouve dommage qu'ils donnent une aussi piètre image de la police. Surtout devant des enfants.

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